Obama et Copenhague: ne pas oublier que ce n’est qu’un début et très loin d’une finalité
Barrack Obama va finalement se joindre aux autres chefs d’Etat à la fin du sommet de Copenhague consacré aux moyens de lutte contre le réchauffement climatique.
En dépit d’un sénat réticent, Obama ne vient pas les mains vides: il annonce un objectif modeste de baisse d’émissions de GES de CO2, mais un objectif tout de même: baisser de 5% les émissions des USA d’ici 2020 par rapport à 1990.
La Chine et l’Inde, qui se refusaient jusqu’alors de prendre position pour des mesures de réductions sous le prétexte du non engagement des États Unis, devront eux aussi venir avec des objectifs chiffrés.
Obama ne vient pas qu’avec un objectif, mais une proposition financière: la création d’un fond de 10 milliards de dollars pour lutter contre le réchauffement climatique. Les Etats Unis y contribueraient à leur juste mesure. Reste à savoir ce qu’est cette mesure. Et dans quelle cadre de gouvernance. S’agit-il encore de décisions unilatérales du Nord envers le Sud?
La banque mondiale a déjà un fond qui en théorie s’appuie sur l’expertise des communautés autochtones censées recevoir ces fonds, mais aux dire de ces derniers et des ONG ce n’est pour l’instant que du discours.
On peut néanmoins se féliciter de ces encourageantes nouvelles, mais tout cela pour finalement retrouver en 2020 un niveau déjà extrêmement fort que l’on avait en 1990. Les experts quant à eux estiment qu’il faudrait des engagements supérieurs à une centaine de milliards de dollars par an.
De plus les 10 milliards proposés correspondraient à peine à ce qui est nécessaire pour enrayer la perte des forêts tropicales humides. Ces 10 milliards seront-ils comptés de près ou de loin en tant qu’aide au développement?
Pour rappel, les pays les plus riches de la planète se sont engagés à verser 0,7% de leur PIB en aide direct au développement. En 2000, ils avaient même signé et validé les objectifs de l’ONU sur l’éradication de la pauvreté et la préservation de l’environnement, la promotion de l’éducation entre autre.
Or, il s’avère qu’en moyenne, les pays riches, dont la France, ne consacrent que 0,35% de leur PIB à aider les pays les moins avancés (PMA). Cette aide s’est chiffrée à 107 milliards d’euros en 2008.
Pire, la spéculation a entrainé des tensions et des émeutes de la faim.
Alors que seraient ces 10 milliards de dollars? Peut-être un leurre, il ne faut pas se laisser abuser. Car au regard des 20 milliards par an qui suffiraient à enrayer la faim dans le monde, de ces 30 milliards pour éradiquer l’analphabétisation, au regard de toutes les sommes nécessaires et qui ne sont pas investi il s’agit de garder son sang-froid.
Dans le meilleur de cas, si Copenhague est un succès, il faudra se garder de tout triomphalisme, et commencer enfin à penser aux autres. Rappelons pour mémoire que 300 millions de personnes vivent dans les forêts.
Que sans un traitement digne, sans un changement profond de l’aide et de règles du jeu du commerce internationale il sera vain de lutter contre les prédations sur la planète.
A cet égard, les enseignements du commerce équitable et biologique devraient nous permettre de trouver des solutions. En effet, en valorisant, en rémunérant à sa juste valeur le travail des communautés, leur patrimoine forestier, ces dernières trouveront matière à vivre dignement.
C’est pour toutes ces raisons, qu’il ne faut pas arbitrer en écologie et humanisme, ces deux principes sont étroitement liées: l’un ne pourra être traité sans l’autre.


